«
Supprimer leur dernière année, tout simplement ».
Même
si la formule n’a pas encore été officiellement exprimée dans le
premier volume de ce récit, c’est bien l’idée-force que
l’aventurier Roberto Pangolino a glissé à l’oreille du
Président Krokous :
ne
plus rembourser les soins de santé de tous ces anciens en fin de
vie, qui n’apporteront plus rien à la société, de tous ces
accidentés qui resteront durablement invalides, de tous ces malades
incurables dont les traitements inefficaces coûtent des sommes
astronomiques à la société.
Idée-force
qui va peu à peu s’infiltrer dans toutes les mesures que le
gouvernement de cette imaginaire petite république d’Europe
centrale va mettre progressivement en application en ce tout début
de 21èmesiècle.
La
mise en musique d’une approche aussi radicale ne se fera bien sûr
pas facilement. Soumis à une maladie insidieuse qui réduit peu à
peu ses capacités cérébrales, Anton Krokous va balancer entre
l’image qu’il veut laisser dans l’histoire et les valeurs
humanistes qui ont forgé sa personnalité.
La
Chancelière Anita Ratinski-Lopez va prendre conscience de son
inadaptation au monde politique et de son incapacité à faire
comprendre où sont les vraies priorités de l’époque. À leurs
côtés, les entourages du binôme gouvernemental, Heinrich Brodfurt
et Paul Rogace, vont s’efforcer de tenir la barre. Et Simon
Malinsky, le vieux sage, va tenter de s’appuyer sur son ami
détective Josef Kipling pour protéger le Président.
Dans
ce second (et donc dernier) volume de cette saga, l’Utopie
malmenée finira
en Utopie
foudroyée.
Le Ratio de Vie Saine est devenu le centre de toutes les discussions.
Les lobbies s’organisent pour défendre leurs intérêts. Le jeune
techno Richard Mach tombe sous l’influence de Pangolino. La
population réagit comme elle le peut aux différentes évolutions
qui se succèdent. C’est l’occasion de retrouver les joggeurs
Adrian et Frantz ; Georgetta, Maria et Sonja qui visitent les maisons
de retraite ; Ivan Mahler et Joanna Markovitza, présentateurs
vedettes des médias ; les charpentiers-monteurs Jacky et Milan ; et
tous ces personnages qui vont peu à peu voir leur vie quotidienne
complètement bouleversée par le durcissement progressif des règles.
Les
éclairages apportés plusieurs dizaines d’années plus tard par le
jeune historien Otto M’Boté Makata et l’écrivaine Simone
Ratinski pourront, certes, faire revivre cette période oubliée de
l’histoire de leur pays. Mais leur travail continue de nous
interpeler : dans une telle circonstance, quel camp choisirions-nous
?